Protéger et soigner les enfants de Koutiala

A Koutiala, dans le Sud du Mali, la malnutrition aigüe sévère, le paludisme, les diarrhées, les maladies des voies respiratoires, et d’autres infections dites opportunistes, créent des ravages chez les enfants de 6 mois à 5 ans. Pour réduire la morbidité et la mortalité infantile, dans une région qui compte très peu de professionnels de santé, Médecins Sans Frontières (MSF) travaille depuis 2009 à Koutiala, en partenariat avec le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique du Mali. Avec prés de 600 000 habitants, ce district de la région de Sikasso est un des plus peuplés du Mali.

Afin de protéger et soigner les plus jeunes, MSF a développé une approche simplifié, à coût maitrisé, adaptée aux besoins de la population et reproductible dans des contextes similaires. Santé et nutrition sont combinées afin d’agir sur les principales causes de mortalité infantile.

+12 000enfants ont été vaccinés dont 6 464 enfants contre la rougeole et 6 061 contre la polio

Améliorer la qualité des soins apportés aux enfants

L’objectif est d’améliorer la qualité des soins individuels apportés aux enfants des 42 aires de santé concernées (environ 575 000 habitants, dont 35 000 enfants âgés de 6 à 24 mois et 165 000 enfants âgés de moins de 5 ans). Et cinq ans après la création du programme les résultats sont nets : grâce a la vaccination, avec un suivi de santé régulier et une prévention de la malnutrition et du paludisme, la mortalité a diminué de moitié et les retards de croissance d’un tiers.

Pour parvenir à ces résultats, MSF et le ministère de la Santé ont travaillé sur plusieurs fronts en liant chacune des activités. Tout d’abord, au plus prés des populations, dans les centres de santé communautaires des cinq aires de santé du district, pour offrir gratuitement un « paquet » de soins aux enfants : traitement et prévention de la malnutrition, stratégie de vaccination avancée contre les principales maladies contagieuses, consultations médicales régulières de 1 a 24 mois et prise en charge précoce du paludisme. Un aliment supplémentaire prêt à l’emploi (ATPE) est mis à disposition des enfants sains âgés de 6 à 24 mois pour prévenir la malnutrition, ainsi que des moustiquaires imprégnées.

Comme certains enfants ont besoin de soins médicaux en milieu hospitalier, les partenaires travaillent également au sein du département pédiatrique de l’hôpital de Koutiala (Centre de Santé de Référence de Koutiala). Sa capacité de soin va de 200 lits (en période creuse) à 400 lits (au plus fort du pic de paludisme). Il inclue également une unité nutritionnelle intensive. A la fin de leur traitement, les enfants reviennent dans leur communauté et leur rétablissement complet peut être suivi dans le centre de santé le plus proche.

78 410consultations dispensées dont 33 279 pour des cas de paludisme

Prise en charge de la malnutrition

Les équipes réalisent également le dépistage nutritionnel des enfants âgés de 6 à 59 mois à l’aide du bracelet de Périmètre brachial (PB ou MUAC) et pratiquent l’évaluation systématique des œdèmes nutritionnels pour les cas les plus graves.

Si l’enfant est dépisté positif, il est alors orienté vers les URENAM ou URENAS (Unité de Récupération et d’Education Nutritionnelle Ambulatoire Modérée ou Sévère), dans les centres de santé communautaires. En cas d’œdème ou de MAS avec pathologies sévères/graves, l’enfant est immédiatement référé vers l’URENI (Unité de Récupération et d’Education Nutritionnelle Intensive) un département de l’hôpital de Koutiala.

3 313enfants malnutris ont été pris en charge en ambulatoire et 4 644 ont dû être hospitalisés

Prise en charge du paludisme

Par ailleurs, MSF et le ministère de la Santé ont mis en place une Chimio prévention Saisonnière (CPS) du paludisme afin de réduire l’impact de cette maladie sur des organismes déjà affaiblis par la malnutrition ou affectés par d’autres infections. Cette action intervient lors des pics de paludisme en complément de celle des « agents palu » dont le rôle est de dépister et de traiter les cas de paludisme simple dans 36 villages pendant la saison des pluies.

183 976enfants âgés de 3 à 59 mois ont reçu une protection contre le paludisme CPS pendant les quatre mois du pic saisonnier, pour la quatrième année consécutive

Recherche et formation pour renforcer la qualité de soins

Enfin, un volet formation et recherche a été développé avec l’accueil de stagiaires paramédicaux nationaux et d’étudiants en médecine, ainsi que la conduite de plusieurs études par Epicentre1. Afin de continuer à renforcer les capacités de soin de l’hôpital, un nouveau laboratoire de bactériologie a été inauguré en mai 2014 et les capacités de la banque de sang ont été renforcées.

1 Cree en 1986, par des médecins de MSF, Epicentre est une association proche de MSF dont les missions s’articulent autour de la recherché clinique, épidémiologique et de la formation.

11 467patients hospitalisés dont près de 5 000 pour un paludisme sévère et/ou compliqué

Développer le réseau et les activités de soins et de prévention

Fort des résultats obtenus, MSF et le ministère de la Santé travaillent à l’extension du programme, continuer à promouvoir l’approche globale incluant le « paquet » de soins pédiatriques ; la vaccination, le suivi régulier de la sante ainsi que la prévention de la malnutrition et du paludisme….

Un des objectifs est d’encore mieux relier l’approche décentralisée, les centres de santé communautaires (actuellement cinq) et le service de pédiatrie géré par MSF au sein de l’hôpital général régional de référence du Ministère de Santé, Centre de Santé de Référence de Koutiala, ou CSREF. MSF et le ministère étudient les moyens ensuite d’étendre progressivement le réseau de référence à d’autres centres de santé/service de consultation externe, tout en étendant aussi le réseau de partenaires à d’autres associations et organisations, nationales et internationales.

Le programme prévoit également de former des agents de santé communautaires et le personnel hospitaliers, d’introduire des systèmes améliorés notamment pour l’organisation des soins, d’utiliser la recherche pour surveiller et évaluer, mais aussi pour développer l’innovation…

* Toutes les données sont pour 2014

Dernière mise à jour Decembre 2015. Cette présentation sera régulièrement mise à jour pour refléter l’évolution du programme de Koutiala. Dans l’intervalle, des actualités seront partagées via la rubrique Live News.

10 684consultations de suivi de croissance pour des enfants non malades ont été menées